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Place publique

007La place publique dite des tilleuls dominée par la croix St Pierre

La place, fut le théâtre d’une affaire compliquée concernant sa propriété  entraînant le 9 mai 1813 une réunion du conseil municipal sous l’égide du maire Marc Antoine Aimé Paillard. Les comptes rendus sont intéressants car ils nous éclairent remarquablement sur l’historique de la place et  la vie du village au XIXème siècle.

  Les causes du conflit Le sieur Besnoit qui revendique la propriété de la partie de la place longeant sa ferme (vers l’actuel château d’eau) vient d’abattre les 13 marronniers plantés là, ce qui crée une vive réaction de la commune :

  • qu’il appartient à la commune une place publique d’un étendue assez considérable, avec une une mare presque toujours remplie d’eau qui set à abreuver les bestiaux et à y laver son linge. Dans le bout de cette mare à l’aspect d’orient il existe un terrain vague de la contenance de 23 perches ancienne mesure sur laquelle était plantés 13 pieds de marronniers abattus par le sieur Besnoit.
  • Que ce terrain qui longent les murs de la clôture et la principale porte d’entrée de la ferme du dit Besnoit a toujours fait partie de la place publique
  • Que la commune a toujours eu depuis des temps immémoriaux la propriété, possession et jouissance de ce terrain comme de la marre et du surplus de la place publique
  • Que cela est si vrai que sur cette partie de terrain se tiennent  les assemblées de la commune, que les habitants et les jeunes gens se réunissent tous les jours de Dimanche et fêtes pour s’y amuser , s’y divertir et prendre délassement à leurs travaux.
  • Que cette portion de place à toujours d’une nécessité absolue car l’hiver la mare est tellement remplie d’eau que la communication d’un bout à l’autre du bourg se trouve impossible. (NDRL : au passage voilà une bonne réponse pour ceux qui ne comprennent pas  le pourquoi d’une mare aujourd’hui vidée de son eau et narrent sur un esthétisme supposé)
  • Que si ce terrain appartenait au sieur Besnoit il ne serait pas séparé d’une clôture très ancienne
  • Que les titres des années 1761 et 1779 sur lesquels le sieur Besnoit se fond ne peuvent faire foi qu’entre ceux qui les ont souscrits et ne peuvent être préjudiciables aux droits d’un tiers et particulièrement ceux de la commune adoptés et suivis par tous les tribunaux
  • Que les bornes anciennes de par leur antiquité ne peuvent être d’aucun mérite car d’après leur forme ces pierres étaient des bornes et seigneuries au nombre de 17 avant la révolution, bornes dont on se sert ordinairement pour séparer les héritages.

Parmi la liste de plusieurs pages d’arguments de la commune, était stipulé que les seigneurs s’étaient arrogés le droit de planter des arbres sur les chemins rue et places publiques qui étaient dans l’étendue de leur mouvances. La loi du 26 juillet 1790 avait aboli le régime féodal et que nul ne peut prétendre à aucun droit de propriété sur les chemins, places des villages, bourgs, ou villes, et que la luzerne était plantée en ce lieu. L’affaire en tout cas monte au préfet afin de restitution à la commune du bois provenu des marronniers et d’obtenir à planter aux frais de sieur Benoit a en replanter de nouveaux.

Les esprits étaient particulièrement échauffés car plusieurs incidents allant jusqu’à l’échauffourée et appel du garde national eurent lieux entre des « éléments perturbateurs » et le «chef de complot» venus planter de l’herbe sur la dite place et la commune, maire en tête.

La conclusion : A la suite de l’incident, le préfet (accusé d’être l’ami du sieur Besnoit) n’autorisa pas le maire M. Gillet à plaider pour la commune. C’est que la commune avait beau avoir de longs arguments, elle n’était en fait nullement propriétaire du terrain. La commune dut reconnaître ses tords et priée M. Besnoist et fils, d’agréer les excuses d’autant que ce dernier s’était présenté en novembre 1833 pour replanter des arbres.

Finalement les choses prirent une tournure raisonnable car en 1835 Mr Benoit consentait à vendre le terrain à la commune pour faible somme.

A partir de 1856 furent plantés onze ormes 9 tilleuls et deux marronniers.

Bref cette affaire aura duré plus de vingt ans

Vous pouvez lire cette affaire dans son intégralité sur archives77

Aujourd’hui

Il n’y a bien sûr plus de contestation. Cette place accueillait fêtes et kermesses jusqu’à la réalisation de la salle des fêtes mais en 2015 retour aux traditions.

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Le  14 juillet y est a nouveau fêté avec des jeux depuis 2015 mais sans feu d’artifice en raison des problèmes  de sécurité. On trouve aussi une fête de voisinage en juin