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Avant la révolution

 Sources :

Cahiers des délibérations en mairie : période pré révolutionnaire jusqu’à fin du 2 ème Empire

Monographie d’ Aristide Bougréau , instituteur du village , du 20 décembre 1888 des Archives départementales 77 : licence 2010-10

Plusieurs documents complémentaires sont disponibles à partir du menu

Origine et histoire :

monographie

Dès la préhistoire, l’homme a pris possession de la région. La population devait se concentrer du côté de Maison Rouge car elle y trouvait les blocs de grès pour tailler ses outils sur des polissoirs que l’on retrouve nombreux aux confins de Maison-Rouge et de Faÿ-les-Nemours ou des fouilles furent effectuées dans la première moitié du XXème siécle. Sous l’époque romaine les villas sont des maisons de campagne. Les rois francs donnèrent le nom de villa , aux métairies qu’ils s’étaient réservés dans la Gaule … C’est donc dans la tournure latine qu’il faut chercher dans la terminaison ville qui signifie donc pas une grande population (Morville Jarville). Le produit de ces métairies constituait un de leurs revenus principaux. Charlemagne en règle minutieusement l’administration dans le capitulaire  » De Villis ». Le nom du village pourrait être pourrait être à l’origine, Orfavilla, signifiant nature noble.

On le trouve le nom du village dans les annales dès 1162. En 1300, le nom du village s’écrit OFFERVILLE. En effet le seigneur des lieux était Guy Morelli car il déclare faire don à l’archevêché de Sens, des menus et dîmes qu’il possédait à OFERVILLE.

La seigneurie dépend de la châtellerie Royale de Château Landon , ainsi que les fiefs d’Ormoy dit de la Maison Rouge appelé également Aymar,et celui de Jarville.

Le Gâtinais provient de gâté montrant que les terres n’étaient pas fameuses. L’histoire a réparti cette région aujourd’hui sur plusieurs départements dont le sud Seine et Marne. Aufferville se situe dans le Gâtinais Français.

L’époque ancienne n’est pas sûre, et des fossés sont creusés autour du village pour le protéger. Comblés depuis longtemps, c’est aujourd’hui la rue des fossés.

Pendant les guerres du 9 ème siècle , tous les propriétaires , obligés de se rendre à l’armée ,étaient devenus peu à peu chevaliers . La terre appartenait donc aux églises , aux seigneurs , aux chevaliers qui ne cultivaient pas eux même , mais chargeait les « vilains » le soin de cultiver leurs grands domaines ou villes. Les terres avaient leur organisation administrative, voire de monnaie.

XII ème siècle : L’église Saint Martin est érigée. Elle sera plusieurs fois remaniée. Le portail est du 13ème siècle, les fonts baptismaux de pierre sont de 1653, et le retable d’autel 18ème siècle sans compter l’ajout du bas coté sud du XV ème siècle.

auffervilleleglise

 L’Ordre du temple

1258 : la maison du Temple de Beauvais en Gâtinais détiendra haute, moyenne et basse justice sur le fief qui appartenait à Gauthier de Nemours, maréchal de France. Il céda tout ce qui lui appartenait dans la paroisse d’Aufferville constituant la terre de Fargeville, plusieurs fiefs et arrière-fiefs : du Petit-Fregeville ou du Chatenoy, de la Pointe, de Rigaut-Larcher, de la Vache, du Petit-Buisson près de Guercheville et celui de L’Ormoy , autrement dit de la Maison-Rouge.

Au XV ème siecle

Le hameau de Jarville est rattaché à la paroisse d’Aufferville (voir la page du hameau sur les conditions du rattachement).

Le petit fief nommé Ormoy qui dépendait de la terre d’Ormesson en 1455 et appartenait à Simon Amer, clerc du roi fut vendu à l’écuyer Etienne Barton

 7 septembre 1544 : Jean de Rogres épouse Marthe de la Beaume. Dame de Chevrainvilliers, Beaumoulin, Brandelon, Morville, Busseau et Maisoncelle, fille de Jean de la Beaume dit Le Blanc, Bailly de Nemours et de Jeanne de Bierne. Busseau (qui sera très liée avec les seigneurs de Champignelles) et Morville entrent  ainsi dans la famille de Rogres.

1571 Jean de Rogres, bailli de Nemours qui avait épousé Marthe de La Baume reçu en dot, Chevrainvilliers et Morville qui restera dans la famille jusqu’à la révolution.

Au 17ème siècle la paroisse d’Aufferville comprenait 17 seigneuries.

9 août 1633 : Louis de Lucet possède les fiefs de Filbois et de Courtois, situés à Aufferville.

1636 : ce qu’on appelait le « Grand chemin de Lyon » passait par Maison Rouge, Bougligny, Gasson (Château-Landon) , Préfontaines et Montargis change de trajet par une ordonnance royale. Le trafic se fera dans la vallée du Loing . (  Voir l’article sur le grand chemin de  » Lyon à Paris » dans la page Maison Rouge et dans le document pdf)

1658-1698 : La nature se déchaîne. Des inondations à Aufferville voilà une chose à laquelle on ne saurait penser. Si cela devait arriver de nos jours pour sûr que l’homme en serait fort incriminé et nos médias de faire les choux gras, de la pollution et du réchauffement de la planète ! … Pourtant un lointain passé, nous indique que la chose liée à certains phénomènes n’est pas si incongrue :

– en 1658 une petite pluie fit fondre la neige . L’eau coula sur toute sa surface et fit étangs et marais par toutes les vallées. Ainsi les eaux venant de Château-Landon Mondreville Charmoy Aufferville Obsonville …. firent un fleuve tellement puissant qu’il envahit les bas de Puiseaux ou il fit d’énormes dégâts.

– Le 19 juin 1698 à 7h du soir un violent orage sur Aufferville , Busseau, Maisncelle , Pilvernier, Obsonville, Ichy … créa un immense étang de « deux pieds de profondeur » qui devint fleuve qui fit des ravages à la hauteur de Puiseaux …

source : Société archéologique et historique de l’Orléanais page 115- 1851

Les impôts à Aufferville :

1704 : à Aufferville ce qu’écrit Barnabé Le Vest :

Les «aydes de France» sous Louis XIV, roi de France et de Navarre

On comprend sous ce terme d’aydes plusieurs sortes de droits qui se lèvent sur les vins, marchandises et denrées, qui se vendent tant en gros qu’au détail qui entrent dans le royaume ou qui en sortent.

Ce droit est un effet le l’amour des peuples pour leur prince et pour leur patrie. Ils se le sont volontairement imposés eux-mêmes dans les temps de la guerre ou lorsqu’ils ont reconnu que, par de certaines dépenses nécessaires dans les états, les rois n’y pouvaient suffire par le revenu fixe de leur domaine. Toutes les nations payent l’ayde ou l’ont toujours payé. On en fait mention dans les anciennes coutumes de France ( devoirs ou aydes coutumiers, aydes chevels, aydes de Noblesse, aydes gracieuses ou pieuses, aydes ecclésiastiques, aydes de chevauchées, épiscopales et synodales. Il y eut l’ayde pour l’Aller d’Outre-Mer, impôt établi par Louis VII pour le voyage de la Terre Sainte, payé par tous, sans distinction. Il y eut les aydes pieuses sous Saint-Louis ( Louis IX) pour soutenir les guerres contre les infidèles et payer les rançons. Déjà, sous Chilpéric Ier en 571, des droits existaient sur lle vin. Charles V le Sage, obtint pour payer la rançon de son père, le quarantième du vin vendu en détail ( une sorte de TVA). Le sol pour livre sur les denrées et marchandises fut payé dans certaines provinces ou villes ( ex Province d’Orléans, du Berry, Meaux).

Un Conseil Royal des Finances de 1681 précise les lieux sujets «aux anciens et nouveaux cinq sols et les montants à acquitter sous ce nom se trouve un impôt sur l’entrée dans chaque ville et gros bourg sur chaque muid de vin et sur les vendanges à proportion et sans exception.

On y retrouve dans l‘élection de Nemours , Chastenoy, Gretz, Guercheville, Larchamp, Maison- Selles, Obsonville, Château-Landon, Garentreville.

Ce type d’impôt avait été crée sous Charles IX en 1561.

 1768 Aufferville et le «rôle de vingtièmes»

Il est indiqué

«La part des privilégiés sur ces terres pauvres est bien réduite

Cinq bourgeois possèdent 31% du territoire

Les paysans détiennent la meilleure part, surtout les paysans de la paroisse. Le quart d’entre eux peut être classé parmi les laboureurs»

Rôle du vingtièmes de 1768 :

Les état des mutations de propriété de 1765 à 1766 a été utilisé pour lever le vingtième à Beaumont et en 1767-1768 à Aufferville

Le vingtième est un impôt royal direct créé en 1749 pour remplacer le dixième, mis en place en 1710 il se matérialise par le prélèvement d’un vingtième sur tous les revenus, privilégiés ou non.

Il s’agit essentiellement du vingtième des biens-fonds, des offices et droits, d’industrie (ndlr)

Le rôle de vingtième de 1768 d’Aufferville est également un état des mutations de propriétés de 1767 à 1768 utilisé pour lever l’impôt à cette dernière date.

En 1770 le nombre de communants est de 270

1772 Aufferville : Impôt sur les boissons

ÉLECTION DE NEMOURS

Dans la présentation du Château de Nemours lire l’article sur l’ élection de Nemours en 1700 pour plus détails.

Droits réservés sur les boissons— Lettre de M. le contrôleur général Terray, adressée à M. de Sauvigny ( Bertier) intendant de la Généralité de Paris, portant que : « les habitants du bourg d’Aufferville, direction de Nemours lui ont fait parvenir un mémoire par lequel » il se plaignent de la demande, qui leur est faite, du des droits réservés sur les boissons.

Les plans d’intendance : Louis Bertier de Sauvigny, intendant de la Généralité de Paris de 1777 à 1789 établit les plans cadastraux des paroisses pour une meilleure répartition de la taille

 XVIII ème Siécle 

Rien en début de ce siècle ne permet de prévoir les bouleversements qui amèneront le royaume à céder le pas à une République. Le servage a quasiment disparu dès la guerre de cent ans. Les laboureurs sont plus ou moins riches et très présents dans les assemblées villageoises. Mais la population la plus pauvre reste les ménagers journaliers manouvriers … Les fermiers pratiquent les cultures traditionnelles. Il ne devait en être autrement à Aufferville. Et la plupart des propriétés sont des fiefs appartiennent à la noblesse

 Les hameaux au XVIII ème siècle

La paroisse était composée du village et des quatre hameaux . En 1760 Louis XV, fait réaliser la première carte géométrique du Royaume de France par César François Cassini de Thuryou l’on voit Busseau écrit avec un X.

 Busseau (sans x ) : dépendait de l’abbaye de Saint-Faron de Meaux depuis des temps immémoriaux. L’ historique de Busseau est nettement moins « local » que le reste du village.

L’histoire de Busseaux-la-champange (la champagne ayant trait en fait aux paysages ruraux dont les champs sont nus. Plaine, campagne , champeigne , champs ouverts. ) est très liée à celle des seigneurs de Champignelles, village de Bourgogne et plus précisément de Puisaye.

 Morville

Ce hameau appartenait également à Monsieur de Rogres Marquis de Champignelle

 Maison-Rouge

Le hameau appartenait à Monsieur Moreau « particulier à Melun». Quant à la seigneurie principale, elle dépendait de la Commanderie de Beauvais dont la réserve s’étendait sur 78 arpents au moins. outre la dégation de Nemours (ordre de Saint Augustin) était quatre fermes à Aufferville : l’une de 250 arpents fut vendue 47700 livres au début de la Révolution, la seconde de 148 arpents vendue 34500 livres, la troisième de 187 arpents, vendue 41.000 livres , la dernière de 155 arpents, vendue 28.100 livres.

On sait qui était ce Monsieur Moreau :

«Donation par Louis-François- Gabriel Moreau, demoiselles Marie-Françoise et Jeanne-Louise Moreau, tous à la paroisse Saint- Aspais, au profit de maître Philippes- Glair- Antoine Moreau, leur frère germain, lieutenant particulier au Châtelet, bailliage et siège présidential de Melun et à Dame Elisabeth- Hélène Louis Julie Lefèvre, son épouse, de tous les biens appartenant aux donateurs,notamment de moitié de la ferme de Maison- Rouge composée de 72 arpents de terres labourables, des fiefs d’Ormoy et de Grigny, avec 50 autres arpents de terre, le tout assis en la paroisse d’Aufferville.»

La mention «Rouge» est également portée par René Aspais-Moreau de Maison- Rouge, conseiller du Roi, lieutenant particulier civil au bailliage et siége présidial du châtelet de Melun.

De 1765 à 1768, Melun a pour maire un Moreau de Maison- Rouge

Il conviendrait de préciser les liens de parenté et le détail des titres de propriétés de ces personnages

 Jarville

« Le fief de Jarreville , sis en la paroisse d’Aufferville, dépendait de la baronnie d’Obsonville, appartenant à M. d’Héricourt »

Annales de la Société Historique et Archéologique du Gâtinais

Par Société Historique et Archéologique du Gâtinais, Fontainebleau

Les Trousset d’Héricourt et Obsonville / Jarville :

Bénigne Trousset d’Héricourt achète au tout début du XVIIIème siècle aux héritiers Brûlart la moitié d’Obsonville, Anne-Louise d’Estourmel hérite de l’autre moitié, de sa mère Anne Brûlart.

Baronnie au XVIIe siècle, le territoire a été partagé, en 1663, entre les enfants de Nicolas Brûlart, seigneur du Boulay, et le seigneur d’Obsonville, premier chambellan d’affaires du duc d’Orléans et capitaine du palais du Luxembourg à Paris.

Le seigneur du Boulay était également seigneur de Souppes, Poligny, Bouchereau, Obsonville, etc …

Bénigne du Trousset d’Héricourt (1655- 1733), devient alors seigneur du Boulay, Poligny, Souppes, Bouchereau, et baron d’Obsonville,…

On note en 1759 :

 » Censives ou terriers des seigneuries d’Obsonville, Jarville et Malvoisine en censive de Messire Bénigne- Jérôme Dutrousset d’Héricourt »

 L’abbaye Saint-Séverin de Château-Landon et Aufferville :

D’après la déclaration faite le 3 janvier 1718, l’abbaye de Saint-Séverin possédait dans la paroisse d’Aufferville plusieurs fiefs entremêlés avec différents seigneurs, savoir le fief Amiard, Les Vergers poirés, Bras de fer et la masure Lhuillier.

L’Abbaye y possédait aussi onze arpents de terre qui lui avaient été donnés par frère Pierre Duclou , Elle possédait également une petite grange pour serrer les champarts. Toutes ces terres et champarts, y compris les onze arpents désignés ci-dessus, furent donnés en location pour neuf années à Etienne Cornichon et Combe, sa femme, suivant bail du 28 mars 1776, moyennant, pour les terres, 6 setiers de blé méteil, et pour le champart 380 livres, 4 chapons et 4 poulets. Ce bail fut renouvelé audit Etienne Cornichon, aux mêmes conditions, le 27 avril 1785.

L’Abbaye jouissait aussi, depuis un temps immémorial, de la sixième partie des dîmes de la commune d’Aufferville, excepté le canton et hameau de Busseau-la-Champagne. Une longue suite de baux en établissaient la possession : le premier est du 15 juillet 1580. Le dernier est un bail pour neuf années, à Martin Grenet, du 1er mai 1776, moyennant 136 livres par an. Un nouveau bail fut signé pour neuf années à Etienne Derichemont, du 9 juin 1785, moyennant 136 livres et une paire de poulets. Ce locataire disparaît en 1787, et cette dime est alors affermée verbalement, pour le restant du bail du sieur Derichemont, à J.-B. Paillard et Jean- Étienne Cornichon, moyennant 140 livres et deux poulets.

Certains de ces noms se retrouvent lors de la constitution de la municipalité

Sources : Annales de la Société historique et archéologique du Gâtinais.1910. ( bnf .fr )